Quelles précautions prendre lors de la reprise de l'activité physique pendant la phase de cicatrisation ?

Après l'accident et ses suites hospitalières provoquant perte de masse musculaire et forme physique globale en raison de l'inactivité forcée, la tentation est grande de vouloir immédiatement reconstruire son corps grâce au sport. Quels sont les moyens d'y parvenir sans mettre en péril sa peau ?

On lit et on entend partout dire « le sport c'est la santé. Pratiquer est le meilleur moyen de vivre mieux et plus longtemps ». Loin de ces poncifs s'adressant à une population très générale, il faut avouer que le sport apporte à notre cerveau de jolies doses de dopamine et d'adrénaline provoquant bien être et sourire. Cependant la question mérite d'être posée pour le cas spécifique des grands brûlés : Quand peut-on reprendre et quels sont les sports adéquats pour cette reprise ? Nous avons eu le plaisir d'interroger Alexandre Decarroz, kinésithérapeute aux Thermes de Saint Gervais, possedant une trentaine d'année d'expérience sur le sujet. Voici son expertise et ses conseils.

Bonjour Alexandre, Entrons dans le vif du sujet, quand peut-on reprendre le sport après une grande brûlure ?

A.D : Bonjour. Remettons tout de suite les choses en perspective, lors de la phase de l'accident et de ses suites cliniques, il est  quasi impossible de faire quoique ce soit. Pendant la phase de cicatrisation qui dure deux ans environ, on ne parlera pas de sport, mais d'activité physique pour remettre son corps en ordre de marche après les hospitalisations, les greffes, etc.. Enfin, après ces deux ans, et avec un petit peu de précaution et beaucoup de bon sens, on peut repartir.

Que peut-on faire comme activité pendant la période de cicatrisation ?

A.D. : Je parlais de bons sens. Tout d'abord, si on a jamais fais de sport de sa vie, cette période n'est pas recommandée pour s'y mettre. Ceci étant dit, le maître mot quand on reprend de la marche ou de la course est d'être à l'écoute de ses cicatrices et de son corps. L'augmentation de la fréquence cardiaque entraîne un afflux sanguin vers l'extérieur, on a tendance à se mettre dans le « rouge » et sur des cicatrices inflammatoires on pourrit entretenir voir exagérer cette inflammation. Ensuite, dès que l'on sent une inflammation, une démangeaison, une douleur aiguë sur les cicatrices, on arrête tout pendant quelques jours et on reprend moins intensément. Ce n'est pas une compétition, il faut être serein cela reviendra de toute façon.

Et ensuite ?

A.D. : Le cursus d'écoute de son corps est le même. On peut continuer plus intensément, sans se faire mal. Le sport est une bonne thérapie, à la fois pour son physique mais aussi pour son mental. Pour le choix d'un sport, on évitera tous les sports de contact et de combat. On veillera à bien protéger sa peau des frottements avec les textiles de compression par exemple. Sinon, rien n'est interdit pour peu que vous vous surveillez. Si on sent que certaines cicatrices peuvent souffrir lors de certains mouvements, à la musculation par exemple, on s'adapte et on trouve d'autres moyens.

En terme d'hygiène, que faut-il faire à notre peau avant, pendant, et après l'exercice ?

A.D. : Franchement, rien de spécial. On fera comme tout le monde, une bonne douche après le sport, on s'essuie parfaitement et le tout est joué. Si certains veulent appliquer des crèmes, qu'ils le fassent mais ce n'est pas indispensable.

Pour le cas spécifique de la natation, comment faire pour nager sans danger ?

A.D. : Déjà vous pouver reprendre la natation, il n'y a pas de contre-indication. Simplement, si vous constatez que le chlore de la piscine enflamme vos cicatrices, il faut arrêter de suite et envisager une autre approche. Comme les sensations de chaleur ou de froideur n'existe plus sur les zones atteintes, on n'hésitera pas à se couvrir d'une combinaison en néoprène par exemple pour isoler le corps. En été pour tous les sports d'extérieur, il est primordial d'empêcher le soleil d'entrer directement en contact sur la peau abîmée. De même pour les sports d'hiver, il faut se munir de gants vraiment chauds, penser parfois à des gants chauffant et de très bonnes chaussettes-chaussures et l'utilisation de chauferettes.

Au final, retenons que tout est possible sportivement parlant pour se maintenir en bonne forme mais il faut rester à l'écoute de son corps pour éviter tout désagrément. Sportez vous bien !

Nous remercions Alexandre Decarroz, masseur-kinésithérapeute au centre thermal de Saint-Gervais -Les-Bains, pour son aide dans la rédaction de cet article.

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